La légende raconte que Lexie T babillait en rythme dès sa naissance, stupéfiant son entourage de par sa prestance précoce. Aujourd’hui, droite dans ses bottes, elle assume son titre de double-championne de France de beatbox.
Ouverte à tous les styles, avide de découvertes sonores et musicales, elle commence par l’apprentissage de la batterie. La basse et la guitare s’ajoutent naturellement à cette pratique musicale et la pousse à monter sur scène avec son premier groupe de punk. Elle rencontre ensuite le beatbox lors d’un stage d’initiation et c’est le début d’une histoire d’amour vouée à durer, puisqu’elle se découvre soudain un don et un intérêt grandissant pour cette cinquième discipline du mouvement hip-hop.
Tout s’enchaîne très vite : les jams se multiplient, elle se lance sur les réseaux avec ses fameux tutoriels humoristiques « apprendre le beatbox en s’amusant » et sera suivie par des milliers d’abonné.es. En 2015, après avoir été 2 fois championne de France de beatbox, elle se professionnalise en travaillant comme musicienne pour des spectacles, notamment :
Une cosmonaute est un souci dans notre galaxie de la Cie L’Embellie (plus de 50 représentations, 11 jours de représentations au Théâtre Dunois à Paris, et un mois au Festival off d’Avignon), Les Fables de Jean de les Egouts co-produit par les JM France et la Cie Générale d’Imaginaire (Plus de 50 représentations dans toute la France), ou encore Merta groupe de rap-accoustique (plus de 40 représentations en France et en Belgique).
En 2018, elle remporte le titre de vice-championne de France de loopstation et se lance en solo avec la sortie d’un premier EP éponyme, dont la release party se fait au Flow (Centre Eurorégional des Cultures Urbaines) à Lille. Elle enchaîne les concerts, notamment au New Morning (Scred Festival, Paris), au Centre Pompidou (Soirée Sonore d’Arte radio, Paris) au Festival Hip Opsession (Nantes), à la Gare Saint Sauveur (Lille), au Bateau Feu (Dunkerque), à l’Institut Français de Tanger,…
Dans le cadre des Rendez-vous hiphop, elle créé et organise, pendant plusieurs années consécutives, le Beat Fighter – La Bataille de Bruits de Bouche au Flow. Une compétition qui a pour but de mettre en avant plus de mixité dans le monde du battle (mixité dans le choix des participant.es, du jury, et événements en lien avec cette question : ateliers, projection).
Elle est régulièrement appelée à beatboxer et composer pour des créations sonores, notamment pour Arte Radio (L’île aux Blablas, Les amours de Zoé), le spectacle Parlons nous d’amour de la Cie Les Rêves arrangés, ou Présent de la Cie Le Doute est permis.
En 2023, après s’être installée à Montpellier, l’ancienne Nordiste continue les projets en s’investissant dans différentes structures de la région. Pour la sortie de son second EP «D.I.Y.», elle créé son nouveau show lors d’une résidence au Domaine d’O (Montpellier) qui sera restituée avec un concert au Sonambule (Gignac), salle de spectacle dans laquelle elle est artiste associée pendant la saison 22/23.
Depuis le début, Lexie T a à coeur de transmettre. Que ce soit par le biais de ses premières vidéos tutoriels sur Youtube, de cours en école de musique, ou de projets d’action culturelle, Lexie partage régulièrement sa passion. Tout au long de l’année, elle mène des ateliers et stages, qui ont pur but d’initier les participant-es au beatbox, à l’écriture rap, mais aussi à des valeurs qui lui sont chères : l’estime de soi, et le recul par rapport au regard des autres.
« Je mène des ateliers depuis une quinzaine d’années. J’ai toujours remarqué une différence entre les publics, notamment quand j’interviens dans les collèges, un âge où on se compare plus, où on ose moins. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, j’ai vraiment vu la diff. Quand je m’en suis rendue compte, ça m’a vachement touché. Je réalise la chance que c’est de ne pas être née là-dedans. Depuis, ça me tient à coeur, j’ai envie qu’iels gardent une certaine curiosité, une former de lâcher prise, qu’iels s’éloignent du jugement de leurs camarades, tout ça. Je leur fais des petits discours, j’appelle ça mes TedX (rires). Et puis avec des exos marrants, on arrive à des choses super intéressantes. Je vois toujours une évolution au cours de l’atelier. »
Aujourd’hui, Lexie T explore une nouvelle facette plus electro dans ses compositions,tout en gardant l’aspect organique de ses productions musicales. Dans une envie d’écrire des textes de plus en plus introspectifs, elle s’exprime sur sa vision du monde et sa position de femme lesbienne dans cette société. Sur scène, elle beatboxe en live, joue de la basse, et rappe sur ses instrus qu’elle compose et décompose en temps réel devant un public toujours séduit par son énergie et par l’amour de son art, qu’elle nous communique le plus naturellement du monde.
« Je n’ai pas d’autres buts que de passer un super bon moment avec le public. J’aime trop quand on kiff ensemble, je fais pleins de blagues, j’improvise sur ce qui se passe. Souvent, les concerts commencent assis, et à la fin tout le monde est en train de danser, d’avoir les bras en l’air. Je suis souvent étonnée de les voir rire à mes blagues, et se déchaîner autant. Mais je crois qu’il n’en faut pas beaucoup, parce que c’est vraiment ce que les gens veulent en venant à des concerts. On a besoin de ça en ce moment, de lien, de kiffer ensemble, entre inconnu.es. Je repars épanouie à chaque fois que ça se passe comme ça ».
